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Croitre ensemble en milieu de travail

Dernière mise à jour : 13 févr.


Dans la dynamique des groupes, certaines règles sont tacites et subtiles mais deviennent au final une sorte de contrat qui régule les interactions dans le groupe. En ce début d’année, chaque équipe retrousse les manches, prête à s’attaquer au travail, mais il n’y a que le plan d’action qui compte. Quelques autres ingrédients paraissent incontournables pour consolider le socle d’une bonne croissance et l’harmonie dans une équipe. Les quelques lignes qui suivent ne sont qu’une petite réflexion de groupe, qui tente d’étayer les bases d’une bonne ambiance en milieu de travail. Conscients de la complexité du sujet et d’innombrables paramètres à tenir en considération, les points abordes ne constituent en rien une feuille de route à suivre à la lettre ni un ensemble de principes applicables en tout et partout. Il revient à tout un chacun d’en décider quant à l’usage et à la pertinence.

Notre réflexion porte sur un pallier de six (6) points dont l’écoute attentive, les disciplines spirituelles, bâtir la confiance, le respect mutuel(opinion), la préparation de la réunion (penser à l’agenda avant de venir à la réunion et prier pour la réunion), la participation active dans les réunions. L’intention est de développer chaque point sans prétention d’être exhaustive.

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Ecoute attentive

« Dans la communauté, l'écoute des autres est le premier service que l'on doit rendre »

Dietrich Bonhœffer


La communication s’impose en général comme une évidence : elle est par essence ordinaire puisque nous échangeons au quotidien. [1] Pour nombre d’organisation, la réunion semble être l’un des canaux de communication les plus utilisés. La communication dans l’équipe devient alors un des éléments qui ponctuent notre travail au quotidien. Qu’elle soit virtuelle ou en présentielle, elle repose sur une prise de parole à tour de rôle, ce qui interpelle impérativement à une écoute active de son interlocuteur. L’écoute devient ainsi une règle à tout intervenant à la réunion pour que cette dernière soit agréable et productive(rentable). Hormis le fait de prêter oreille attentive à l’autre, l’écoute doit d’être assaisonnée d’empathie et de compréhension pour ne citer que ces quelques éléments. On en déduirait alors la règle selon laquelle on écoute pour comprendre d’abord et non pour répondre. Selon John Stott dans sa réflexion sur l’écoute mutuelle, au-delà d’être un signe de courtoisie et de respect, l’écoute constitue la preuve de notre humilité et notre amour chrétiens. Si nous refusons fermement et constamment de prêter une oreille attentive à tout ce qui est faux, injuste, inamical ou impur, nous devons en revanche écouter attentivement l'instruction, le conseil, la critique, la réprimande et la correction, mais aussi l'opinion des autres, leurs soucis, leurs problèmes et leurs difficultés. Cela a été exprimé fort justement ainsi : « Dieu nous a donné deux oreilles, mais une seule bouche; il s'attend donc à ce que nous écoutions deux fois plus que nous ne parlons. » Prendre le temps d'écouter Dieu, et nos semblables, témoigne de notre part de la courtoisie et du respect, enrichit notre compréhension mutuelle et approfondit nos relations réciproques, et par-dessus tout constitue la preuve authentique de notre humilité et notre amour chrétiens. C'est pourquoi, chers frères et sœurs, « Que chacun soit toujours prêt à écouter, qu'il ne se hâte pas de parler, ni de se mettre en colère.[2]


Ainsi donc, chacun de nous devrait s’exercer à témoigner du respect et à rester courtois(-e) , ce qui devrait  caractériser en quelque sorte nos milieux chrétiens. « Uwuja kwumva arumviriza.

Instaurer la confiance


Pour les organisations à caractère confessionnel, la communication revêt parfois un aspect pastoral qui implique une communication qui dépasse souvent le cadre professionnel. Les collègues se sentent libres d’aborder des aspects de la vie privée qui requiert un certain degré de confiance. Il convient ainsi d’assainir le climat entre collègues au travail pour renforcer la confiance dans l’équipe. Cela relève de l’effort de tout un chacun à servir de confident à ses collègues, plus particulièrement pour des sujets sensibles. Jacques dans son épître nous encourage à confesser nos péchés et à prier les uns pour les autres (Jacques 5.16). L’exercice devient pertinent pour l’écoute pastorale entre pairs. De surcroit, la confiance va au-delà de l’aspect pastoral. Elle impacte également la répartition des rôles et l’atteinte des résultats, qui exigent obligatoirement la confiance en la capacite de l’autre à pouvoir bien accomplir la tâche qui lui incombe. Il est fort possible que , selon la culture de chaque environnement de travail, l’équipe naviguera du « Je te connais , je te fais confiance » au « Tu fais bien ton travail, je te fais confiance »[i] et vice versa.  Toutefois, dans un contexte où l’on se convient que tout le monde peut devenir capitaine et entraineur en même temps, il importe d’admettre que la porte vers le principe de subsidiarité reste toujours entrouverte.

Respect mutuel (opinion)


Inspiré d’une bonne communication et de la confiance dans l’équipe, le respect se nourrit d’un bon climat de confiance et d’entente dans l’équipe. Dans un style de travail collégial, l’avis de l’autre compte, et l’écoute et le respect de l’opinion de l’autre devient une culture qui s’installe au fil du temps.

« 3 Ne faites donc rien par esprit de rivalité [2], ou par un vain désir de vous mettre en avant ; au contraire, par humilité, considérez les autres comme plus importants que vous-mêmes ;4 et que chacun regarde, non ses propres qualités [3], mais celles des autres. 5 Tendez à vivre ainsi entre vous, car c’est ce qui convient quand on est uni à Jésus-Christ[4]. »

 Dans ce message aux Philippiens, Paul invite à développer l’humilité, qui mène à considérer l’autre comme plus important que soi-même. Dans une telle perspective, la grande considération qu’on a de l’autre devient un sentiment noble qui aboutit impérativement au respect de l’autre et de son opinion. Toutefois, comme le désaccord fait partie de l’interaction, le principe oblige qu’on reste doux les uns envers les autres et de se pardonner (Ephésiens 4 :32) ce qui reste un principe valable dans notre contexte et dans nos milieux de travail.

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Préparer une réunion


Selon la fréquence convenue, les réunions sont souvent hebdomadaires ou mensuelles. Ces dernières nécessitent une bonne préparation tant au niveau individuel que collectif. Le facilitateur de la réunion se doit bien de préparer la réunion en amont afin de tirer profit de la réunion. Le devoir incombe aussi au reste de l’équipe, afin de s’apprêter à contribuer de manière significative à la prise de décision. Dans l’optique de prendre élan face au travail qui nous attend, il convient que, chaque membre d’équipe fasse sienne la culture de préparer la réunion afin de mieux participer à la réalisation du grand chantier de l’année. 

 

Si l’on se doit tous d’apporter notre pierre à l’édifice, que chacun(e) pense alors à la qualité de la pierre qu’il/elle va apporter au lot de la journée, quitte à se hisser dans la posture de pouvoir entonner que : « Nous ne sommes que des serviteurs sans mérite particulier ; nous n'avons fait que notre devoir. » Luc 17 :10

 

Présence totale à la réunion


« Present physique mais absent d’esprit/Ntasamara yaranyomoje »

 Avec le smartphone à la main, il devient facile de tomber dans la distraction. Cela constitue un frein à la productivité au travail, lequel infère aussi au travail d’équipe. S’il faut pallier au problème, l’éducation à la non utilisation du téléphone pendant les moments de réunion serait une bonne approche pour toute personne qui prend conscience de la distraction qui emporte sa contribution et son imagination. « Alors que les technologies étaient censées nous libérer, nous nous sentons de plus en plus accablés, surmenés. Nous sommes dépendants à la distraction que produisent les technologies. Nous vérifions en moyenne 150 fois par jour notre smartphone […] » [3] Raphaël Anzenberger.

Il serait sage de garder en tête que c’est un privilège de servir un maître auteur d’une ressource (le temps) précieuse que chacun doit gérer à bon escient. Il est du devoir de tout un chacun  de la gérer de manière stricte, avec la seule idée de devenir de bons et fidèles serviteurs qui tâchent de s’acquitter correctement de la mission qui a été confiée. 

Une contribution collective du staff de l’UGBB

Article développé par Kayogera LAURENT.


[1] Michel Bourse et Halime Yücel, Communication interculturelle : mode d’emploi, (Paris : l’Harmattan, 2019) p.12 

[2] John Stott, Le Chretien à l’aube du XXIème siècle, Vivre aujourd'hui la Parole éternelle de Dieu VOLUMEI, (Canada : Les éditions la Clairiere, 1995), p.104

[3] Les 10 commandements de la gestion du temps, Raphael Anzenberger, https://www.imagodei.fr/auteur/raphaelanzenberger/ 


[i][i] Pour plus d’information, , tu peux consulter le livre, intitulé : The Culture map, d’Erin Meyer.

A toute personne qui voudrait bien approfondir le sujet, sur les 5 pratiques de Cal Newport, tirés de son ouvrage :  Deep Work: Rules for Focused Success in a Distracted World, du 5 Janvier 2016

 

Bibliographie

 

1.  Bourse, Michel  et Yücel Halime, Communication interculturelle : mode d’emploi, (Paris : l’Harmattan, 2019) 

2.       STOTT, John, Le Chretien à l’aube du XXIème siècle, Vivre aujourd'hui la Parole éternelle de Dieu VOLUMEI, (Canada : Les éditions la Clairiere, 1995), 

3.       Les 10 commandements de la gestion du temps, Raphael Anzenberger, https://www.imagodei.fr/auteur/raphaelanzenberger/

 
 
 

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